COMMÉMORATIONS DU 11 NOVEMBRE 2025 À LUXEMBOURG.

Publié le 28 janvier 2026 à 10:06

L'Amicale des Français au Luxembourg, représentée par sa Présidente Christine Pelletier et sa Vice-présidente Anita Petersheim, a assisté aux commémorations du 11 novembre 2025 à Luxembourg.

En présence de l'Ambassadeur de France au Luxembourg Monsieur Christophe Bouchard, du premier Echevin de la ville de Luxembourg Monsieur Maurice Bauer, des élus consulaires, des représentants d’associations, d'élèves du lycée Vauban, de l'école Sainte Sophie et du Lënster Lycée, un hommage a été rendu à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.

Les participants portaient à la boutonnière un bleuet, emblème de la mémoire nationale et de la solidarité envers les anciens combattants.

Vous trouverez ci-dessous le discours de Monsieur l'Ambassadeur de France au Luxembourg.

Pour le Conseil d'Administration, Anita Petersheim. 

 

Mesdames, Messieurs,

Le 11 novembre, la France écoute battre son cœur. Elle se recueille devant les noms de ceux qui ont donné leur vie pour que nous vivions libres. Elle se rassemble pour commémorer la victoire et célébrer la paix.

C’était il y a 107 ans. Au fracas des armes succédait le silence des plaines dévastées de Champagne, des vallées de la Meuse, des forêts d’Argonne. Ce silence portait le poids immense de ceux qui étaient morts, durant quatre années, dans les grandes batailles, couchés dessus le sol ou ensevelis sous la boue. Un million quatre cent mille soldats « tombés au champ d’honneur », autant de familles meurtries. Quatre millions de blessés et de mutilés. Et parmi ceux apparemment indemnes, combien de nuits hantées par des terreurs sans fin.

Unis dans cette mémoire, nous rendons visible l’idéal qui nous tient debout, le sens que nous avons donné à notre histoire, le projet collectif que nous poursuivons par-delà les tragédies. « Construire un ordre tel que la liberté, la sécurité et la dignité de chacun y soient garanties », selon les mots du général de Gaulle en 1941. Ce projet porte un nom : la République.

La République a donné à chaque soldat mort pour la France, aussi anonyme soit-il, d’être honoré à la place la plus élevée : celle qu’occupe la tombe du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

En lui s’incarne le sacrifice de tous les morts pour la France, d’hier et d’aujourd’hui, jusqu’à ceux qui, loin de chez eux, sont tombés en Indochine, en Algérie, dans les Balkans, en Afrique, en Afghanistan, au Levant.

En lui se mêlent leurs visages venus de tous horizons. Ceux des fusiliers marins bretons et des tirailleurs sénégalais, unis dans le même héroïsme à Dixmude. Ceux tombés à Verdun et sur les plages de Provence. Ceux des francs-tireurs et partisans, et des résistants du réseau Alliance. Ceux de ces combattants venus d’Afrique, du Pacifique, des Amériques et d’Asie, qui reposent désormais dans le sol de France et d’ailleurs, sous les croissants, les étoiles, ou les croix des carrés militaires, comme ici à Luxembourg. Ceux des incorporés de force alsaciens et mosellans, mais aussi luxembourgeois, pris dans le drame intime de leur conscience. Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas.

Comme l’écrivait Maurice Genevoix dans le texte émouvant lu par vous, chers élèves de Sainte-Sophie, « votre pays se souvient de vous. Il sait qu’il faut vous respecter, vous entourer, vous remercier – et vous croire. »

Il y a cent ans, en 1925, était organisé aux Invalides le premier atelier de confection du Bleuet de France. Devenue le symbole de la solidarité avec le monde combattant, cette petite fleur qui poussait dans les tranchées témoigne de la force d’âme de la Nation.

Force d’âme qui était celle de Marc Bloch, dont l’entrée au Panthéon, le 16 juin prochain, décidée par le Président de la République, rappelle que l’esprit de défaite est toujours un poison mortel. La flamme qui l’animait fut une invincible espérance, l’espérance de ceux qui ont décidé d’être forts pour protéger ce qui est juste. C’est cette espérance que nous devons entretenir à notre époque où nous réapprenons que la guerre est possible.

C’est cette espérance que symbolisaient déjà dans le ciel de Reims, le 11 novembre 1918, les tours restées debout de la cathédrale martyre. Le 8 juillet 1962, sous ses voûtes reconstruites, était scellée la réconciliation franco-allemande. Plus tôt, il y a 75 ans, le 9 mai 1950, était prononcée la déclaration Schuman, acte fondateur de la construction européenne, pour que l’Europe, notre Europe, vive libre et en paix.
Car là sera toujours l’espérance de la France, fidèle au sacrifice de ses anciens et à ses valeurs, partagées avec le Luxembourg.

Aujourd’hui, cette espérance repose dans la jeunesse française, européenne et plus généralement dans la volonté des jeunes du monde entier à construire et conserver un monde « sans violence, sans insécurité, sans peur et libre », pour reprendre les mots d’un élève du Lënster Lycée.

C’est pourquoi je souhaitais particulièrement vous remercier d’être venus de l’école Vauban, Sainte-Sophie et Lënster pour ces commémorations.

Vive la République. Vive la France !

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